Pourquoi certains animaux sont très colorés et d'autres non ?

Un perroquet rouge, une grenouille jaune, un renard brun : les animaux ne portent pas tous les mêmes couleurs. Pour comprendre ces différences, il faut regarder leur milieu de vie, leurs ennemis et la façon dont ils communiquent.

Un papillon brun, un insecte-feuille, une grenouille jaune et noire et un ours polaire dans leurs milieux respectifs.

D’où viennent les couleurs ?

La couleur d’un animal dépend notamment de pigments, des substances présentes dans sa peau, ses poils, ses plumes ou ses écailles. La mélanine, par exemple, produit des teintes brunes ou noires. D’autres pigments donnent des jaunes, des oranges ou des rouges. Certains viennent de l’alimentation : les flamants doivent leurs teintes roses à des pigments contenus dans ce qu’ils mangent.

De minuscules structures peuvent aussi modifier la manière dont la lumière est renvoyée : les pigments n’expliquent donc pas toutes les couleurs. C’est ce qui produit le bleu de nombreuses plumes. Sur certaines plumes brillantes, la couleur semble même changer quand l’oiseau bouge ou quand tu te déplaces pour le regarder.

Ces couleurs ne sont pas choisies par l’animal comme tu choisis un feutre. Au fil des générations, des caractéristiques qui aident à survivre ou à se reproduire peuvent devenir plus fréquentes dans une population. Et toutes les couleurs n’ont pas forcément une fonction que l’on connaît.

Se cacher dans le décor

Un animal brun, gris ou beige n’est pas forcément moins bien équipé qu’un animal multicolore. Dans les feuilles mortes, sur une écorce ou parmi les rochers, ces couleurs peuvent le rendre difficile à repérer. Ce camouflage aide une proie à échapper à un prédateur, mais il peut aussi aider un chasseur à approcher sans être vu.

Les motifs comptent autant que les couleurs. Des taches peuvent casser les contours d’un corps et le rendre moins facile à distinguer dans une végétation éclairée par endroits. Avec le coloriage Kiwi dessine une girafe, tu peux observer comment les taches découpent visuellement la silhouette. Elles participent à son camouflage sans pour autant rendre la girafe invisible.

Une couleur claire peut elle aussi être discrète. Sur la neige et la glace, le pelage blanc ou crème de l’ours polaire l’aide à se fondre dans le paysage. À l’inverse, un animal vert vif peut être peu visible au milieu des feuilles. Une couleur voyante sur une feuille blanche ne l’est donc pas forcément dans la nature.

Prévenir plutôt que disparaître

Certains animaux gagnent au contraire à être remarqués. Des couleurs très contrastées peuvent servir de signal d’avertissement : l’animal peut être toxique, avoir mauvais goût ou posséder un moyen de défense. Les bandes jaunes et noires de nombreuses guêpes sont un exemple de signal bien visible.

Chez certaines grenouilles toxiques, les couleurs vives peuvent ainsi décourager des prédateurs. Ceux-ci peuvent apprendre à associer une apparence à une mauvaise expérience. D’autres évitent certains signaux sans avoir besoin de cet apprentissage. Toutes les grenouilles colorées ne sont toutefois pas toxiques, et tous les animaux toxiques ne sont pas très colorés.

Certains animaux en imitent d’autres. Des syrphes, des mouches qui ne piquent pas, ressemblent à des guêpes. Leur apparence peut tromper des prédateurs. La couleur n’est donc jamais une preuve suffisante pour identifier un animal ou décider de le toucher : observe les animaux sauvages sans les manipuler.

Attirer et communiquer

Les couleurs servent aussi à communiquer avec les animaux de la même espèce. Chez certains oiseaux, un plumage éclatant intervient dans la parade nuptiale, le comportement qui précède la reproduction. Le mâle du paon déploie ainsi ses longues plumes ornées de motifs en forme d’yeux devant les femelles.

Chez certaines espèces, les mâles et les femelles ont des couleurs différentes. Chez d’autres, ils se ressemblent beaucoup. Il n’existe donc pas de règle disant que tous les mâles sont colorés et toutes les femelles discrètes. La couleur des jeunes peut également être différente de celle des adultes.

Être visible présente parfois un inconvénient : les prédateurs peuvent aussi remarquer le signal. L’apparence d’une espèce dépend de plusieurs contraintes à la fois. Se cacher, attirer un partenaire ou reconnaître ses semblables sont des besoins qui ne conduisent pas toujours aux mêmes couleurs.

Tout dépend du regard

Quand tu trouves un animal très coloré, tu le juges avec tes yeux humains. Or les animaux ne voient pas tous comme nous. Beaucoup d’oiseaux et de nombreux insectes perçoivent notamment des ultraviolets, une partie de la lumière que nos yeux ne voient pas.

Une surface qui nous paraît unie peut donc présenter pour eux des différences invisibles à nos yeux. À l’inverse, d’autres animaux distinguent moins de variations de couleurs que nous. Pour comprendre un signal, il faut se demander qui le regarde : un partenaire, un rival ou un prédateur.

La lumière et le décor changent aussi ce qui est visible. Un motif peut ressortir au soleil et devenir plus discret dans l’ombre. Pour comprendre ce que l’on voit, la question « Est-ce coloré ? » doit donc s’accompagner de « Visible pour qui, et dans quel endroit ? »

À partir de quel âge ?

Dès 6 ans, vous pouvez aborder le sujet avec deux idées concrètes : certaines couleurs aident à se cacher, d’autres à se faire remarquer. Quelques photographies d’animaux dans leur milieu suffisent pour commencer, sans vocabulaire compliqué.

Vers 8 à 10 ans, vous pouvez ajouter les pigments, les motifs et les signaux d’avertissement. Entre 10 et 12 ans, vous pouvez expliquer davantage le rôle de la reproduction et les différences de vision. Ce sont des repères souples : partez surtout des questions de l’enfant et évitez de présenter chaque couleur comme ayant une explication unique.

À faire ensemble

Vous pouvez proposer un petit atelier de camouflage avec du papier et des crayons. Préparez deux décors : l’un avec des zones vertes et brunes, l’autre avec des zones blanches, grises et bleues. Dessinez puis découpez plusieurs silhouettes identiques d’un animal. L’enfant les colorie, puis vous les déplacez d’un décor à l’autre.

Si vous préférez partir d’un dessin, L’artiste de la banquise permet d’explorer une palette claire. Avec L’éléphanteau et l’oiseau peintre, vous pouvez aussi comparer une version aux couleurs proches de la nature et une version entièrement inventée. Présentez bien ces choix comme une exploration artistique, pas comme une reproduction exacte du camouflage de chaque espèce.

Pose une silhouette verte sur le décor vert, puis sur le décor clair. Laquelle repères-tu le plus vite ? Essaie ensuite une silhouette rayée ou tachetée. Tu peux aussi regarder tes compositions à quelques pas de distance : un motif visible de près peut devenir moins distinct de loin.

Vous pourrez conclure ensemble que la visibilité dépend à la fois de la couleur, du motif, du fond et de la distance. Cette activité illustre une idée, mais elle ne reproduit pas exactement la vision d’un animal. Pour un coloriage imaginaire, toutes les palettes restent possibles : un éléphant violet n’a pas besoin de se camoufler sur sa feuille.

Sources