Qui était Friedensreich Hundertwasser ? Les maisons colorées expliquées aux enfants
Dans l’univers de Hundertwasser, les façades sont multicolores, les fenêtres toutes différentes et les arbres semblent habiter les immeubles. Cet artiste voulait rapprocher les maisons, les habitants et la nature dans ses créations.

Un artiste qui imaginait autrement
Friedensreich Hundertwasser était un artiste autrichien, né à Vienne en 1928 et mort en 2000. À sa naissance, il s’appelait Friedrich Stowasser. Il a ensuite choisi un nom d’artiste. Il est surtout connu pour ses peintures très colorées et ses projets de bâtiments étonnants, réalisés avec des architectes.
Dans ses tableaux, tu peux découvrir des spirales, des lignes qui serpentent et des formes entourées de couleurs. Parfois, tu reconnais des maisons, des arbres ou des visages. Ailleurs, les formes ressemblent davantage à un paysage inventé. Elles peuvent être intéressantes à regarder même quand tu ne reconnais pas immédiatement ce qu’elles représentent.
Hundertwasser s’intéressait aux tableaux accrochés dans un musée, mais aussi aux lieux où l’on vit chaque jour. Il voulait y appliquer ses idées. Pourquoi un immeuble devrait-il avoir des fenêtres identiques ? Pourquoi les plantes resteraient-elles toujours au pied des bâtiments ? Ces questions ont nourri ses recherches artistiques.
Des maisons vraiment habitées
La Hundertwasserhaus est un immeuble de logements situé à Vienne, en Autriche. Construit entre 1983 et 1985, il traduit plusieurs idées de l’artiste. Tu peux en observer le décor, mais des personnes y habitent : leurs espaces privés ne se visitent donc pas comme les salles d’un musée.
Sur une photographie de sa façade, tu peux repérer des surfaces rouges, jaunes, bleues ou blanches. Des bandes de couleur semblent délimiter différentes parties de l’immeuble. Les fenêtres ne donnent pas l’impression d’avoir toutes été copiées sur un même modèle. Des colonnes décorées et des végétaux complètent cet ensemble.
Hundertwasser critiquait la répétition des lignes droites et des formes identiques dans l’architecture. Il préférait les courbes, les irrégularités et les différences. La construction d’une maison demandait toutefois de respecter des contraintes : ses propositions devaient être mises au point avec des professionnels du bâtiment.
Pour comprendre ce qui change, tu peux comparer cette façade avec celle d’un immeuble aux fenêtres bien alignées. Cherche les répétitions dans l’un, puis les différences dans l’autre. Observe comment les choix de formes et de couleurs transforment chaque bâtiment, sans chercher à désigner une maison gagnante au terme de cette comparaison.
Une place pour les arbres
Pour Hundertwasser, la nature ne devait pas disparaître sous les constructions. Il défendait notamment les toits végétalisés et la présence d’arbres dans les bâtiments. Certaines de ses réalisations accueillent ainsi des plantes sur des terrasses ou des toitures, et des arbres à des emplacements spécialement prévus.
Il employait l’expression « arbres locataires » pour parler d’arbres installés dans un bâtiment, avec leurs branches qui se déploient dehors. Tu peux imaginer un voisin assez particulier : il ne ferme jamais ses volets et ses feuilles changent au fil des saisons. Cette image aide à comprendre la place qu’il souhaitait donner au vivant.
Un arbre ne pousse pourtant pas dans un simple trou percé au hasard. Il lui faut de la place pour ses racines, un support adapté, de l’eau et de l’entretien. Sur un vrai bâtiment, accueillir des végétaux demande donc une conception précise. Dans ton dessin, tu peux inventer librement ; dans une maison réelle, il faut aussi résoudre ces questions pratiques.
Regarder les formes et les couleurs
Devant une œuvre de Hundertwasser, commence par suivre une seule ligne avec les yeux. Regarde si elle tourne autour d’un centre, entoure une fenêtre ou traverse plusieurs couleurs. La spirale revient souvent dans ses peintures : elle peut attirer ton regard vers l’intérieur ou le guider vers l’extérieur.
Observe ensuite deux couleurs voisines. Un jaune près d’un bleu ne produit pas la même impression qu’un jaune près d’un orange. Tu peux remarquer ces différences sans connaître de mots compliqués, en décrivant simplement ce qui te semble lumineux, sombre, calme ou très contrasté.
Pour poursuivre cette exploration, tu peux découvrir les formes de Joan Miró. Les deux artistes ont des univers différents, mais les comparer permet de voir qu’une forme inventée peut prendre beaucoup de place dans une œuvre. Cherche ce qui ressemble à un signe, à une étoile ou à un chemin.
Tu peux aussi comparer son travail aux sculptures de Niki de Saint Phalle : la couleur y accompagne des volumes que l’on peut regarder sous plusieurs angles. Chez Hundertwasser aussi, certaines idées quittent la surface du tableau pour transformer un espace réel. La couleur fait alors partie d’un lieu, au-delà de l’image.
À partir de quel âge ?
Vous pouvez aborder Hundertwasser dès 6 ans à partir d’une photographie de bâtiment. À cet âge, chercher trois couleurs, repérer une courbe et trouver un arbre constitue déjà une observation intéressante. Une courte découverte suivie d’un dessin sera souvent plus parlante qu’une longue biographie.
Vers 8 à 12 ans, vous pouvez aborder ses réflexions sur l’habitat : faut-il que toutes les fenêtres se ressemblent ? Quelle place laisser aux plantes ? Comment personnaliser un bâtiment partagé ? Présentez ses réponses comme celles d’un artiste, plutôt que comme des règles à appliquer à toutes les maisons.
Mémoriser son nom complet ou des dates n’est pas nécessaire pour rendre la découverte utile. L’essentiel est d’aider l’enfant à observer précisément, puis à expliquer un choix : une façade colorée, une ligne courbe ou un arbre placé sur une terrasse.
À faire ensemble
Vous pouvez proposer un atelier de maison colorée avec une feuille, un crayon et des crayons de couleur. Prévoyez environ trente minutes. Regardez d’abord une photographie de la Hundertwasserhaus, puis mettez-la de côté. L’enfant doit inventer une habitation personnelle, sans chercher à reproduire exactement la façade.
Dessine une grande maison qui occupe presque toute ta feuille. Trace quelques lignes légèrement courbes pour partager sa façade en plusieurs zones. Ajoute cinq ou six fenêtres différentes : une étroite, une large, une arrondie, par exemple. Garde des espaces assez grands pour pouvoir les colorier facilement.
Choisis ensuite quatre ou cinq couleurs et répartis-les dans la maison. Tu peux répéter une même couleur à plusieurs endroits pour relier les parties de ton dessin. Si tu hésites entre contour, ligne et surface, les bases du dessin t’aideront à distinguer ces éléments avant de poursuivre.
Ajoute des plantes là où tu aimerais leur faire une place : un arbre sur une terrasse, des herbes sur un toit ou des fleurs près de l’entrée. Invente aussi un chemin courbe jusqu’à la porte. Tu peux laisser certaines zones blanches : une maison inspirée par la couleur n’a pas besoin d’être entièrement remplie.
Pour terminer, vous pouvez demander à l’enfant de présenter deux décisions : où les habitants entrent-ils et où les plantes poussent-elles ? Accueillez ses explications sans corriger son dessin pour le rendre plus régulier. L’activité permet de réfléchir à une maison différente, tout en imaginant comment on pourrait y vivre.