6-9 ans

Kiwi compte les maisons du jardin

Avec son béret rouge et ses pinceaux, Kiwi construit des maisons colorées pour tous les habitants du jardin.

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Au premier matin de la saison douce, Kiwi sortit de son atelier. C’était un petit oiseau kiwi, rond et duveteux, au plumage brun, avec de grands yeux brillants et un long bec courbé. Son béret rouge glissait sur sa tête. Sa blouse blanche était tachée de bleu, de jaune et de vert.

« Aujourd’hui, je vais offrir une petite maison à chaque habitant du jardin », annonça-t-il.

Il prit une brindille, trois feuilles souples et un pinceau minuscule. Sous une grande feuille de capucine, il bâtit la maison numéro un. Il peignit la porte en bleu ciel.

Une coccinelle arriva en trottinant.

« Est-ce pour moi ? » demanda-t-elle.

« Oui. Entre donc ! »

La coccinelle entra. Sa maison semblait encore plus rouge à côté de sa porte bleue.

Puis Kiwi rencontra Toupie l’escargot, qui avançait lentement sur une pierre humide.

« J’ai besoin d’un abri tout près du sol », dit Toupie.

Kiwi choisit deux branches courtes et les posa sous une grande feuille ronde. Il ajouta un toit de mousse et peignit deux spirales dorées.

C’était la maison numéro deux.

Toupie s’y installa avec un soupir heureux.

« On entend la pluie ici, mais elle ne nous mouille pas », dit-il.

Kiwi regarda ses deux maisons. L’une était bleue et rouge. L’autre brillait d’or et de vert.

« Il faudra bientôt plus de couleurs », murmura-t-il.

Un peu plus loin, le jardin descendait vers un tapis de champignons. Kiwi y trouva trois champignons rouges, ronds et solides.

« Voilà de vrais toits ! » s’écria-t-il.

Il construisit la maison numéro trois sous le premier champignon. Deux abeilles vinrent aussitôt voir la porte jaune.

« Nous vivons ensemble », expliquèrent-elles en bourdonnant doucement.

Elles entrèrent côte à côte, et la maison se mit à vibrer comme une petite chanson.

Près d’un vieux rosier, Kiwi rencontra Mousse la taupe. Seul son museau dépassait de la terre.

« J’aimerais une maison fraîche, avec un passage secret », dit Mousse.

Kiwi creusa un petit tunnel sous une racine et l’éclaira avec des pétales roses. Il posa des brindilles autour de l’entrée et accrocha une feuille en guise de rideau.

C’était la maison numéro quatre.

Mousse passa la tête par le rideau.

« Elle est douce comme un nuage de terre », dit-elle.

Puis deux grenouilles sautèrent près de la mare. Elles avaient les pattes pleines de boue et des yeux ronds comme des billes.

« Nous cherchons une maison où chanter sans déranger les têtards », croassèrent-elles.

Kiwi empila cinq galets plats et les couvrit de grandes feuilles. Il peignit des notes violettes sur les murs.

C’était la maison numéro cinq.

Les deux grenouilles y chantèrent tout bas. La mare répondit par de petits clapotis. Dans le jardin, chacun commençait à trouver sa place.

Le vent changea de direction. Il fit danser les herbes et roula trois pétales jusqu’aux pieds de Kiwi.

« Le jardin grandit, alors les maisons doivent grandir aussi », dit-il.

Sous une branche basse, il aménagea la maison numéro six avec une toile d’araignée tendue entre deux rameaux, puis y colla des feuilles brillantes.

Une araignée minuscule vint inspecter les coins.

« C’est parfait pour accrocher mes fils », dit-elle.

Un peu plus haut, quatre papillons tournoyaient autour d’une fleur de lavande. Kiwi leur proposa la maison numéro sept, cachée derrière sept feuilles longues et fines.

Il peignit chaque feuille d’une couleur différente : orange, rose, turquoise, lilas, vert et deux jaunes lumineux.

Les papillons entrèrent en battant des ailes. La maison semblait bouger comme un bouquet.

Toupie passa devant avec une petite brindille sur le dos.

« Kiwi, il reste encore quelqu’un derrière le vieux pot ! »

Kiwi courut jusque-là. Il trouva un hérisson qui cherchait un coin tranquille pour sa sieste.

Avec huit branches souples, il construisit la maison numéro huit. Il ajouta un tapis de mousse et une fenêtre ronde.

Le hérisson s’y roula en boule, puis ressortit son nez.

« Ici, les rêves sentent la feuille fraîche », souffla-t-il.

Le jardin était maintenant plein de petits bruits : bourdonnements, clapotis, froissements d’ailes et pas minuscules. Kiwi sourit sous son béret, mais il n’avait pas fini.

Le ciel devint rose au-dessus des arbres. Kiwi compta ses pinceaux, ses feuilles et ses bouts de ficelle.

« Une maison numéro neuf, puis une maison numéro dix. Ensuite, tout le monde pourra se retrouver », annonça-t-il.

Il installa la maison numéro neuf sous un bouquet de fougères. Elle avait neuf petites fenêtres, une pour chaque rayon de lumière qui passait entre les frondes.

Trois souris des champs y apportèrent des graines, des brins d’herbe et une noisette ronde.

« Nous partagerons le garde-manger », dirent-elles.

Pour la dernière maison, Kiwi choisit une grande branche courbée comme une arche. Il posa dix feuilles en éventail sur le toit et peignit une porte de toutes les couleurs.

C’était la maison numéro dix.

Tous les habitants du jardin vinrent la regarder : la coccinelle, Toupie, les abeilles, Mousse, les grenouilles, l’araignée, les papillons, le hérisson et les trois souris.

Ils apportèrent des choses simples : une plume, une fleur, une goutte de rosée, un caillou lisse, une graine brillante.

Kiwi accrocha chaque trésor sur les murs de la grande maison. Puis chacun choisit un coin, une marche ou une fenêtre. Les maisons étaient pleines d’amis, de rires et de couleurs.

Toupie leva ses antennes.

« Combien de maisons as-tu construites ? »

Kiwi regarda le jardin. Il compta lentement, avec son pinceau.

« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf et dix ! »

Une brise passa sous les feuilles. Les portes s’ouvrirent toutes ensemble.

Kiwi s’assit au milieu de ses amis. Son béret rouge était de travers, sa blouse encore plus tachée qu’au matin, et le jardin ressemblait à un tableau vivant.

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