Kiwi construit un nid pour la lune
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Chaque soir, la lune glissait derrière les collines. Elle avançait lentement dans le ciel, ronde et brillante, puis cherchait un endroit où se poser. Mais les branches étaient trop fines, les toits trop pointus et les rochers trop durs.
Alors la lune soupirait doucement. Sa lumière descendait sur les feuilles en une longue traînée argentée.
Kiwi, lui, vivait dans une petite maison au bord du village. C’était un oiseau rond et duveteux, avec de petites ailes, de grands yeux curieux et des pattes solides. Il portait toujours son béret rouge et sa blouse tachée de bleu, de jaune et de vert. Kiwi était peintre. Il peignait les fleurs, les maisons, les escargots et même les flaques d’eau quand elles reflétaient le ciel.
Un soir, il leva son pinceau vers la lune.
« Tu as l’air fatiguée. Tu veux dormir où, cette nuit ? »
« Je ne sais pas », répondit la lune. « Je trouve seulement des endroits qui piquent ou qui glissent. »
Kiwi réfléchit. Puis ses yeux s’agrandirent.
« Je vais te construire un nid ! Un nid grand comme le ciel, doux comme un coussin. »
La lune sourit et éclaira son béret rouge.
Dès le matin, Kiwi partit chercher des idées. Il demanda conseil à tous ses amis.
L’araignée lui montra sa toile.
« Regarde comme mes fils sont solides et légers. »
L’écureuil apporta des brins d’herbe souples.
« Ceux-ci ne griffent pas. Ils sentent le soleil. »
Le hérisson trouva des plumes tombées au pied d’un arbre. La grenouille proposa de grandes feuilles de nénuphar. Même les abeilles vinrent déposer de minuscules fleurs parfumées près de la porte de Kiwi.
« Il nous faut aussi quelque chose qui flotte », dit Kiwi.
Il plongea son pinceau dans un pot de peinture blanche et dessina des spirales dans l’air. Aussitôt, de petits nuages descendirent au-dessus du village, tout ronds et tout doux.
« Pardon, les nuages », dit-il. « Nous pouvons emprunter quelques boucles ? »
Les nuages roulèrent joyeusement jusqu’à la grande colline.
Tous les animaux se mirent au travail. L’araignée tressa les fils. L’écureuil noua les herbes. Le hérisson glissa les plumes entre les mailles. La grenouille posa les feuilles au centre.
Kiwi peignit des petites étoiles sur les attaches. Il en mit une sur son béret, sans le faire exprès.
« On dirait que ton chapeau a attrapé le ciel », remarqua la grenouille.
Kiwi rit et continua de nouer.
Toute la journée, le nid grandit. Il devint si large qu’on pouvait y faire trois siestes, quatre roulades et une danse sans tomber.
Mais quand Kiwi voulut le soulever, le hamac resta collé au sol.
« Il est trop lourd », souffla-t-il.
Les animaux tirèrent ensemble. Le hamac bougea d’un tout petit millimètre, puis retomba dans l’herbe.
Kiwi posa son pinceau. Il regarda le ciel, les collines et les nuages qui s’étaient rassemblés autour de lui.
« Peut-être que la lune ne veut pas seulement un nid », dit-il. « Peut-être qu’elle veut un nid qui danse avec le vent. »
Alors chacun ajouta une idée. L’araignée accrocha de longs fils aux quatre coins. L’écureuil fixa les fils à deux grands arbres. La grenouille souffla dans les feuilles pour leur donner une forme légère. Le hérisson retira quelques plumes trop épaisses.
Kiwi prit son pinceau et peignit une grande spirale au milieu du hamac.
« Celle-ci est pour le vent. Il saura où tourner. »
Une brise passa sur la colline. Le hamac se souleva doucement. Il monta au-dessus des arbres, puis redescendit sans bruit.
« Il danse ! » murmura l’écureuil.
Les amis reculèrent pour admirer leur ouvrage. Dans le ciel, le soleil se couchait. La lune n’allait pas tarder.
Quand la lune apparut, elle avança derrière les collines, comme chaque soir. Elle vit le grand hamac blanc et s’approcha, étonnée.
« C’est pour moi ? » demanda-t-elle.
« Oui », répondit Kiwi. « Essaie doucement. »
La lune descendit dans le nid. Les nuages l’accueillirent avec un petit soupir moelleux. Les fils se tendirent juste ce qu’il fallait. Le hamac se balança une fois, deux fois, puis trouva son rythme.
La lune poussa un long soupir heureux.
« Enfin un endroit qui ne pique pas, qui ne glisse pas et qui bouge comme une berceuse. »
Sa lumière coula sur le village. Elle entra par les fenêtres, se posa sur les couvertures et fit briller les pots de peinture de Kiwi.
Les animaux s’allongèrent dans l’herbe pour regarder leur amie s’installer. Kiwi posa son béret contre son cœur.
« Bonne nuit, lune. »
« Bonne nuit, Kiwi. Demain, tu me peindras une couleur nouvelle ? »
« Bien sûr. Une couleur douce, pour les rêves. »
Le hamac continua de danser au-dessus des arbres. Dans le village, chacun s’endormit sous une lumière tendre. Et, sur la colline, Kiwi sourit en voyant une petite étoile briller sur son béret.
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