3-6 ans

Kiwi et la cabane aux mille fenêtres

Dans une cabane en bois pleine de courants d’air, Kiwi découvre que son pinceau a ouvert un passage aux formes les plus malicieuses.

Lire le texte de l’histoire

Au bord d’un bois, une cabane en bois bien solide se cachait sous les branches. Elle avait des fenêtres partout : grandes, rondes, carrées, minuscules, et même une fenêtre en forme de cœur. On racontait qu’il y en avait mille.

Kiwi entra le premier. C’était un petit kiwi rond et duveteux. Son béret rouge glissait sur ses plumes brunes, et sa blouse était couverte de taches bleues, jaunes et vertes. Dans son aile, il tenait un pinceau tout neuf.

Bulle, la grenouille curieuse, bondit derrière lui. Elle portait une petite écharpe bleue et gardait toujours un carnet pour compter les choses.

« Regarde, Kiwi ! Une fenêtre vient de cligner ! »

Kiwi approcha son nez. Par la fente, une forme colorée fila comme une feuille portée par le vent.

« Vite, cherchons-la ! » dit-il.

Dans cette première image, ouvre grand les yeux : où sont les 3 feuilles rouges, les 2 champignons et la petite étoile jaune ? Ils se cachent près de la porte, sous une table ou derrière les pots de peinture.

Bulle tapa dans ses pattes.

« Une, deux, trois feuilles ! Un, deux champignons ! Et… une étoile ! »

À peine avait-elle fini de compter que la fenêtre en forme de cœur s’ouvrit toute seule. Une pluie de couleurs s’en échappa et roula sur le plancher.

La pluie de couleurs devint un ruisseau brillant. Elle glissa sous les meubles et grimpa le long des murs. Kiwi trempa son pinceau dans le bleu.

« Peut-être que la cabane veut peindre le ciel », murmura-t-il.

Il donna un petit coup de pinceau sur un mur gris. Aussitôt, toutes les fenêtres montrèrent un paysage différent. Ici, un matin de printemps. Là, un après-midi d’été. Plus loin, un jardin après la pluie.

Une fenêtre carrée fit plic, ploc. Quatre gouttes bleues sortirent en sautillant. Puis deux petits bateaux de papier les suivirent, portés par un courant invisible.

« Ils vont se perdre ! » s’écria Bulle.

Kiwi peignit une rivière sur le plancher. Les bateaux y glissèrent doucement, en faisant froufrou avec trois plumes orange.

À toi de chercher dans l’image : où sont les 4 gouttes bleues, les 2 bateaux de papier et les 3 plumes orange ? Une goutte peut se cacher sur une vitre. Un bateau peut dormir sous un pinceau. Quant aux plumes, elles aiment se poser dans les coins.

Bulle compta sans se tromper. Puis elle leva les yeux.

« Kiwi, regarde ! La fenêtre du haut change de saison ! »

Une brise tiède entra. Elle sentait l’herbe fraîche et les fleurs ouvertes. Sur le mur, une nouvelle porte apparut, avec une poignée en forme de lune.

La poignée en forme de lune tourna toute seule. Derrière la porte, il n’y avait pas une pièce, mais un morceau de ciel.

Des nuages blancs passèrent dans la cabane. L’un s’accrocha au chapeau de Kiwi. Un autre se posa sur la chaise. Bulle voulut le compter, mais il lui chatouilla le nez.

« Atchoum ! Ce nuage ne tient pas en place ! »

Kiwi riait tellement que son pinceau dessina une moustache violette sur le mur. La moustache frétilla, puis sauta derrière une caisse.

« Où est-elle passée ? » demanda Kiwi.

« Je l’ai vue ! Elle a filé vers les glands ! » répondit Bulle.

Les deux amis se mirent à quatre pattes. Ils cherchèrent sous les cadres, près des bottes, derrière le chevalet.

Dans cette image, à toi de retrouver les 5 nuages blancs, la moustache violette et les 2 glands bruns. Regarde bien : les nuages ne sont pas tous dans le ciel, et la moustache aime les endroits rigolos.

Bulle compta les nuages avec son doigt. Kiwi retrouva les glands dans une boîte de pinceaux.

Alors, toutes les fenêtres se mirent à luire. Le soleil devint orange comme une citrouille, la pluie dessina des perles, et les feuilles tournoyèrent en silence. La cabane semblait respirer.

Au fond, une toute petite fenêtre s’entrouvrit. Une lumière douce en sortit, comme si une luciole brillait derrière la vitre.

Kiwi et Bulle avancèrent jusqu’à la petite fenêtre. Elle donnait sur le bois, mais le bois changeait à chaque clignement.

Un instant, les branches portaient des bourgeons. L’instant d’après, elles étaient couvertes de feuilles. Puis le vent emporta des couleurs dorées, et quelques flocons brillants dansèrent sans faire froid.

« La cabane connaît toutes les saisons », souffla Kiwi.

« Et elle garde toutes ses surprises ! » ajouta Bulle.

Kiwi posa son pinceau sur le rebord. Il peignit une dernière ligne, ronde comme un chemin. Les mille fenêtres s’ouvrirent alors ensemble. Des étoiles, des feuilles, des gouttes et des plumes s’envolèrent dans le ciel, puis revinrent se poser sur les murs, comme des tableaux vivants.

Mais trois étoiles dorées s’étaient cachées. Deux feuilles vertes s’étaient glissées quelque part. Et un bouton rayé avait disparu de la blouse de Kiwi.

Cherche-les dans cette dernière image : où sont les 3 étoiles dorées, les 2 feuilles vertes et le bouton rayé ? Une étoile peut se trouver près d’une fenêtre. Une feuille peut se confondre avec une plante. Le bouton, lui, a peut-être roulé sous le chevalet.

Bulle compta lentement. Une, deux, trois étoiles. Une, deux feuilles. Puis elle trouva le bouton, coincé dans un pot de peinture.

Toutes les formes colorées retournèrent dans leurs fenêtres. La cabane redevint calme, mais pas tout à fait silencieuse. De temps en temps, une petite fenêtre clignait.

Kiwi remit son béret droit.

« On reviendra demain ? »

Bulle sourit.

« Oui. Il reste encore neuf cent quatre-vingt-douze fenêtres à regarder. »

Et, dans la cabane, une nouvelle couleur se mit doucement à pousser.

D’autres histoires à lire