3-6 ans
Kiwi et la cabane qui changeait de place
Chaque matin, Kiwi cherchait sa petite cabane en brindilles, mais elle semblait avoir appris à se promener : une histoire pour enfants pleine de mystère.
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Au matin, Kiwi sortit de son atelier en sautillant. Il portait son béret rouge et sa blouse tachée de jaune, de bleu et de vert. Dans son bec, il tenait un petit pinceau.
Il voulait peindre une fleur au bord de la cabane en brindilles. Mais la cabane n’était plus là.
À sa place, il ne restait qu’un rond d’herbe aplatie et trois feuilles de fougère.
« Tiens donc », murmura Kiwi. « Je l’avais pourtant laissée près du vieux tronc. »
Il chercha derrière les pierres, sous les grandes feuilles et même dans son pot de peinture vide. Rien.
Puis Mousse le mulot sortit d’un buisson. Ses moustaches frémissaient de curiosité.
« Tu as perdu quelque chose ? » demanda-t-il.
« Ma cabane ! Elle était ici hier soir. »
Mousse observa le sol. Une brindille cassée dessinait une petite flèche dans la mousse.
« Regarde. Quelqu’un l’a déplacée. »
Les deux amis suivirent les traces. Elles passaient entre les champignons, contournaient une souche et descendaient vers le ruisseau.
Au bord du ruisseau, Kiwi et Mousse trouvèrent la cabane.
Elle était coincée entre deux racines, juste au-dessus de l’eau. Son toit de mousse penchait un peu, mais l’intérieur était sec et douillet.
Un petit rouge-gorge y reposait, les plumes gonflées par le vent.
« J’ai marché depuis l’aube », expliqua-t-il. « Quand j’ai vu la cabane, elle était exactement là où il me fallait. »
Kiwi regarda Mousse. Mousse regarda Kiwi.
« La cabane ne s’est pas perdue », chuchota le mulot. « Elle a trouvé quelqu’un qui avait besoin d’elle. »
Le rouge-gorge repartit lorsque le soleil monta dans le ciel. Kiwi examina les brindilles. Elles étaient attachées avec des herbes souples et des lianes fines. Aucun animal n’aurait pu la porter seul.
Pourtant, le lendemain, la cabane changea encore de place.
Elle se trouvait sous un grand noisetier. Un écureuil y dormait, roulé comme une petite boule rousse.
Le jour suivant, elle apparut près d’un tapis de feuilles dorées. Une famille de mulots s’y abritait de la pluie.
« Elle voyage quand les animaux sont fatigués », dit Kiwi.
« Mais comment ? » demanda Mousse.
Kiwi posa son pinceau contre son bec. Une idée commençait à pousser.
Kiwi alla chercher ses peintures. Sur de petits morceaux d’écorce, il dessina une feuille, une goutte de pluie, un soleil et une lune.
Mousse l’aida à les accrocher autour de la cabane.
« À quoi servent ces dessins ? » demanda-t-il.
« Ils diront aux animaux où chercher un abri », répondit Kiwi. « Et ils nous aideront à savoir où la cabane est passée. »
Ils fabriquèrent aussi un sentier de petits cailloux blancs. À chaque endroit où la cabane s’arrêtait, Mousse déposait une noisette, et Kiwi peignait une flèche sur une écorce.
La cabane semblait apprécier leur travail. Le soir même, elle grinça doucement. Ses brindilles frémirent. Puis elle glissa sur le tapis de mousse, très lentement, comme un escargot qui aurait oublié sa coquille.
Kiwi et Mousse la suivirent sans faire de bruit.
Elle s’arrêta près d’un jeune hérisson trempé par une averse de printemps. Kiwi lui apporta une grande feuille. Mousse arrangea la mousse du toit.
Quand le hérisson fut bien au sec, les amis comprirent que la cabane ne bougeait pas toute seule. Elle suivait les petits chemins du bois et, en passant, les animaux la poussaient doucement vers l’endroit où elle pouvait être utile.
Même le vent semblait lui montrer la route.
À partir de ce jour, Kiwi et Mousse ne cherchèrent plus à retenir la cabane.
Ils l’aidèrent à voyager.
Quand l’herbe brillait de rosée, ils vérifiaient les attaches. Quand les feuilles tombaient, ils dégageaient le chemin. Quand la chaleur devenait forte, ils ajoutaient une branche pour faire de l’ombre.
La cabane passa près des baies mûres, sous les branches nues, puis au bord d’un champ où poussaient de jeunes fleurs. À chaque saison, elle trouvait de nouveaux voyageurs : une grenouille lasse, un lapin couvert de pluie, une mésange qui avait besoin de reprendre son souffle.
Kiwi peignit alors une grande pancarte pour l’entrée. On y voyait une petite cabane, une feuille et un cœur rouge.
« Que veux-tu écrire ? » demanda Mousse.
Kiwi réfléchit, puis traça des mots simples :
« Ici, tu peux te reposer. »
Le soir, les deux amis s’installèrent sous le noisetier. La cabane était revenue près d’eux, comme si elle avait besoin de repos, elle aussi.
Kiwi posa son pinceau contre son pot de peinture. Mousse bâilla.
Dans le bois tranquille, les brindilles craquèrent doucement.
Peut-être que demain, la cabane serait encore ailleurs.
Mais Kiwi et Mousse sauraient où la trouver : là où quelqu’un aurait besoin d’un petit coin chaud et paisible.
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