Kiwi et les dix galets voyageurs

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Au bord de l’étang, Kiwi observait une large bande de terre encore toute nue. C’était le début du printemps. De petites herbes pointaient le bout de leur nez, mais le bord de l’eau manquait de couleurs.

Kiwi était un petit kiwi rond et duveteux. Il portait un béret rouge et une blouse blanche tachée de bleu, de jaune et de vert. Dans son panier, il avait des pinceaux, des pots de peinture et une grande idée.

« Je vais décorer le bord de l’étang avec des galets amusants ! » annonça-t-il.

Pompon le castor sortit de l’eau en secouant ses moustaches.

« Je peux t’aider à les rapporter. Je compterai avec toi, pour que personne ne se perde. »

Ils partirent entre les fougères. Près d’une racine, Kiwi aperçut un galet tout rond, pareil à une petite lune grise.

« Voici 1 galet ! »

Il le posa dans son panier.

Un peu plus loin, deux galets dormaient sous des feuilles sèches. Le premier était long et plat. Le second ressemblait à une minuscule patate.

« Voici 2 galets ! » dit Kiwi.

Pompon les observa avec attention. Kiwi choisit le galet plat pour le panier. L’autre resta bien tranquillement sous les feuilles.

« Nous avons maintenant 2 galets voyageurs », dit Pompon. « Personne ne manque à l’appel ! »

Le panier fit un petit bruit de cailloux qui se touchent. Kiwi sourit et continua son chemin, le béret bien droit sur la tête.

Le sentier descendait vers une clairière. Le vent faisait danser les branches, et quelques feuilles rousses tourbillonnaient encore sous les arbres de la saison passée.

Près d’un vieux tronc, Kiwi trouva trois galets alignés comme des œufs dans un nid. L’un avait une pointe. L’autre était bossu. Le dernier portait une spirale naturelle.

« Voici 3 galets ! »

« Un pointu, un bossu et un qui tourne en rond », observa Pompon.

Kiwi choisit celui qui portait une spirale. Les deux autres restèrent près du tronc.

Ils avancèrent jusqu’à un petit ruisseau peu profond. L’eau glissait sur les cailloux en chantant doucement. Sous un pont de branches, quatre galets brillaient dans le courant.

Kiwi releva ses plumes avec excitation.

« Voici 4 galets ! »

Pompon entra prudemment ses pattes dans l’eau peu profonde. Il regarda les quatre galets, puis Kiwi choisit celui qui ressemblait à un petit nuage. Les trois autres restèrent dans le ruisseau.

« Attention, le galet-nuage veut s’envoler ! » plaisanta Kiwi.

Pompon le coinça doucement contre sa queue.

Plus loin, dans une pente couverte de mousse, ils rencontrèrent cinq galets multicolores. Ils étaient naturellement tachetés de gris, de rose et de brun.

« Voici 5 galets ! »

Kiwi choisit le plus petit et laissa les quatre autres sur la mousse.

« Nous avons maintenant 5 galets voyageurs », récita Pompon.

Le panier se remplissait doucement. Kiwi le posa un instant sur une souche et peignit rapidement une minuscule fleur sur la poignée.

Le soleil monta doucement. Une brise plus tiède passa dans les branches. Kiwi et Pompon suivirent les traces brillantes laissées par l’eau après la pluie.

Au pied d’un saule, ils trouvèrent six galets cachés entre les racines. L’un était en forme de cœur, l’un ressemblait à une aile, et les quatre autres avaient des bosses, des rayures ou de petits trous.

« Voici 6 galets ! »

« Je les regarde bien avant de choisir », dit Pompon.

Kiwi choisit le galet en forme de cœur. Les cinq autres restèrent entre les racines.

Ils traversèrent ensuite une prairie où les herbes chatouillaient le ventre rond de Kiwi. Dans un coin de terre sèche, sept galets formaient un chemin minuscule.

Kiwi les observa un à un.

« Voici 7 galets ! Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept. »

À chaque nombre, Pompon touchait un galet du bout de sa queue. Kiwi choisit celui qui avait une jolie rayure, puis ils laissèrent les six autres sur le chemin.

« Personne ne manque à l’appel », dit Pompon.

Juste avant le retour, ils découvrirent huit galets sous un buisson de baies. Deux étaient presque blancs, trois étaient sombres comme du chocolat, et les trois derniers étaient tachetés.

« Voici 8 galets ! » s’écria Kiwi.

Il choisit un galet tacheté et laissa les sept autres sous le buisson.

« Le panier contient maintenant 8 galets voyageurs », observa Pompon.

Kiwi rangea les plus lourds au fond. Le panier resta bien droit. Ils reprirent le chemin de l’étang, en écoutant les galets tinter comme de petites clochettes.

L’étang apparut enfin entre les roseaux. L’eau reflétait le ciel clair et les premières feuilles vert tendre.

Près d’une touffe d’iris, Kiwi aperçut neuf galets presque cachés dans la boue. Ils avaient des formes étonnantes : une étoile, une chaussure, une tête de tortue, un croissant et d’autres silhouettes rigolotes.

« Voici 9 galets ! »

Pompon les compta avec lui.

« 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Ils sont tous ici. »

Kiwi choisit le galet en forme de croissant. Les huit autres restèrent près des iris.

Kiwi allait refermer son panier quand un dernier éclat doré apparut sous un roseau.

« Regarde ! Le dixième ! »

Le galet était plat et brillant, comme une petite assiette de soleil. Kiwi le posa dans le panier.

« Voici 10 galets ! »

Ils rentrèrent au bord de l’étang. Kiwi les aligna sur la terre humide, puis les observa longtemps. Il ne voulait pas les peindre tous de la même façon.

Le premier devint une lune. Le deuxième, une patate souriante. Le troisième reçut une spirale bleue. Les autres se transformèrent en nuage, en aile, en cœur, en feuille, en croissant et en petits poissons imaginaires.

Pompon plaça les dix galets autour de l’eau. Kiwi ajouta des points, des rayures et des couleurs qui dansaient.

Quand le jour baissa, le bord de l’étang semblait raconter une promenade entière.

« On dirait que les galets ont voyagé », murmura Pompon.

Kiwi posa son pinceau sur son béret rouge.

« Ils ont voyagé avec nous. »

Puis les deux amis s’assirent côte à côte. Dans l’eau, les dix galets colorés se reflétaient, et le vent faisait doucement bouger les roseaux.

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