Kiwi et les portes de mousse

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Le matin avait une couleur de miel. Dans le sous-bois, Kiwi avançait à petits bonds. C’était un petit kiwi rond et duveteux, avec un béret rouge et une blouse claire tachée de bleu, de jaune et de vert. Sous son aile, il tenait un pinceau.

« Paco ? Tu es là ? »

Une petite voix répondit près d’un tronc :

« Ici, Kiwi ! Regarde bien autour de toi. »

Paco l’escargot sortit d’un tapis de mousse. Sa coquille brune brillait comme une noisette mouillée.

« Le goûter des amis est caché quelque part, dit-il. J’ai laissé six indices derrière six petites portes de mousse. »

Kiwi ouvrit de grands yeux.

« Six portes ? Alors, il faut les trouver toutes ! »

La première était minuscule, au pied d’un vieux tronc. Son arche verte était cousue de mousse douce. Kiwi souleva le petit battant.

Derrière, une feuille roulée portait ces mots : « Cherche le tronc qui ressemble à un éléphant. »

Kiwi et Paco regardèrent les arbres. Le tronc-éléphant était caché derrière des fougères. Une deuxième porte brillait dans sa grande racine.

À l’intérieur, un nouvel indice disait : « Va vers la clairière où le soleil dessine un rond. »

« On avance ! » murmura Kiwi.

Avant de partir, il observa le décor avec attention. Où sont les trois feuilles rouges ? Et les deux glands dorés ? Une petite plume jaune se cache aussi quelque part. Cherche-les sur l’image !

La clairière n’était pas ronde comme une assiette. Elle était ronde comme une tache de lumière posée sur les fougères. Au milieu, une souche portait la troisième porte de mousse.

Kiwi passa son pinceau dans l’herbe.

« Elle est là ! »

Derrière la porte, Paco avait glissé un morceau d’écorce. On y lisait : « Pour trouver la quatrième porte, écoute le ruisseau qui chante sans paroles. »

Ils suivirent le petit bruit d’eau. Le ruisseau sautillait entre les pierres. Il faisait ploc, ploc, ploc, comme une chanson pour escargot.

Soudain, Paco leva ses deux antennes.

« La porte est près de la pierre qui porte une moustache ! »

Kiwi scruta la berge. Une racine noire formait deux longues pointes au-dessus d’un rocher. On aurait dit une énorme moustache.

La quatrième porte se trouvait juste dessous. Elle était si bien cachée que Kiwi dut écarter trois fougères.

À l’intérieur, un indice attendait, écrit avec de l’encre violette : « Quand tu verras les arbres pencher ensemble, cherche la porte qui regarde le ciel. »

Le vent souffla dans les branches. Les arbres se penchèrent doucement, comme s’ils dansaient.

« J’aime cette forêt, dit Kiwi. Elle invente des chemins partout. »

Paco sourit sous sa coquille.

« Et parfois, elle invente aussi des moustaches aux pierres. »

Où sont les quatre petits champignons bruns ? Où se cachent les deux boucles de fougère ? Et peux-tu trouver les trois cailloux bleus près de l’eau ? Cherche-les sur l’image !

Les arbres penchaient ensemble au-dessus d’un sentier couvert d’aiguilles. Leurs branches formaient une grande arche, presque comme un tunnel de peinture verte.

« La porte qui regarde le ciel doit être plus haut », dit Kiwi.

Il leva le nez. Une petite porte de mousse était installée dans le bas d’un tronc creux, juste à leur hauteur. Paco s’approcha lentement sur l’écorce.

« Je suis arrivé ! »

Kiwi ouvrit la cinquième porte. L’indice était peint sur une fine rondelle de bois : « Cherche l’endroit où les couleurs de l’automne et du printemps se donnent la main. »

Ils traversèrent le tunnel. D’un côté, les feuilles rougissaient. De l’autre, de jeunes pousses vert tendre sortaient du sol. Entre les deux, une souche était couverte de mousse dorée.

La sixième porte se trouvait au milieu, entourée de petites fleurs blanches.

Kiwi posa doucement son aile sur le battant.

« Tu crois que le dernier indice nous dira où est le goûter ? »

« Il le dira si tu l’écoutes avec tes yeux », répondit Paco.

Derrière la porte, un dessin montrait une grande feuille, un rocher rond et trois brins de menthe. Sous le dessin, on pouvait lire : « Va là où l’ombre est fraîche et où les amis rient déjà. »

Kiwi sourit. Il connaissait un endroit pareil, près du vieux chêne.

Où sont les deux pommes de pin ? Où se cachent les trois petites pâquerettes ? Et peux-tu repérer le pinceau violet oublié contre la souche ? Cherche-les sur l’image !

Près du vieux chêne, l’ombre était fraîche et douce. Sous ses branches, les amis attendaient : une famille de mulots, deux mésanges et un hérisson. Une grande feuille servait de nappe. Dessus, il y avait des tartines, des baies, des noisettes et de petits gâteaux ronds.

« Kiwi ! Paco ! » appelèrent les amis.

Kiwi posa son béret de travers.

« Nous avons trouvé les six portes ! »

Paco montra les indices, soigneusement empilés comme un petit accordéon.

« Et maintenant, le goûter a trouvé son chemin jusqu’à nous », dit-il.

Kiwi regarda la mousse, les troncs, les fougères et les champignons. Tout le sous-bois semblait sourire. Alors il sortit son pinceau et peignit sur une écorce un chemin de six petits points verts.

« Comme ça, on se souviendra du chemin », expliqua-t-il.

Les amis s’installèrent autour de la feuille-nappe. Une brise fit danser les branches. Une baie roula doucement jusqu’à Paco, qui la poussa avec son pied.

« À ton avis, Kiwi, y aura-t-il une septième porte demain ? »

Kiwi réfléchit très fort.

« Peut-être. Mais il faudra d’abord regarder au bon endroit. »

Où sont les cinq baies rouges ? Où se cachent les deux pierres rayées ? Et vois-tu les quatre perles de rosée qui brillent dans l’herbe ? Cherche-les sur l’image, puis imagine la prochaine porte de mousse ! Cherche-les sur l’image !

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