3-6 ans
La montagne à hauteur d’escargot
Un conte pour les petits où, pour aider Milo à gravir le grand rocher du jardin, Kiwi imagine un chemin fleuri où les pauses réservent de jolies surprises.
Lire le texte de l’histoire
Au milieu du jardin se dressait un rocher gris. Pour Kiwi, c’était un bon endroit où poser ses pinceaux. Pour Milo, c’était une montagne.
L’escargot en faisait souvent le tour. Il regardait le sommet, puis ses petites antennes se baissaient.
Ce matin-là, Kiwi le trouva devant la grande pierre. Le petit oiseau rond portait son béret rouge. Sur sa blouse, une tache jaune touchait une tache bleue. Cela faisait un minuscule jardin vert.
« Tu cherches quelque chose ? demanda Kiwi.
— Je voudrais voir le jardin d’en haut. Peut-être qu’on aperçoit le bassin. Peut-être même le champ derrière la haie. »
Milo leva les yeux.
« Mais c’est beaucoup trop loin pour moi. »
Kiwi contempla le rocher. Une pente douce serpentait sur le côté, entre des creux et des bosses.
Il sortit un pinceau.
« Et si tu n’allais pas jusqu’en haut tout de suite ?
— Alors, où irais-je ?
— Jusqu’à la première fleur. »
D’un geste léger, Kiwi peignit une petite marguerite blanche au pied de la pente.
Milo avança le bout de ses antennes.
« Celle-là, je peux l’atteindre. »
Milo glissa jusqu’à la marguerite. Kiwi peignit un bouton d’or un peu plus haut.
Entre les deux fleurs, une rainure traversait la pierre. Milo s’arrêta devant.
« Une crevasse ! »
Kiwi approcha son bec.
« Ou une vallée, si tu préfères. »
Au fond, une graine avait poussé. Elle portait deux feuilles minuscules.
Milo se pencha.
« Bonjour, petite forêt. »
Kiwi rit doucement. Il posa une brindille en travers de la rainure. Milo passa dessus, tout lentement.
De l’autre côté, ils firent leur première pause. Kiwi s’assit dans l’herbe, juste à hauteur de son ami. Milo grignota un morceau de feuille tendre.
« Tu crois qu’elle deviendra grande, notre forêt ? demanda l’escargot.
— Peut-être. Nous reviendrons la voir. »
Un souffle remua les herbes. Une ombre légère passa sur le rocher : un papillon jaune venait inspecter le bouton d’or peint.
Il repartit presque aussitôt.
« Il n’a pas trouvé de goûter, dit Kiwi.
— Mais il a trouvé notre chemin », répondit Milo.
Et, pour la première fois, il regarda derrière lui. Le pied du rocher était déjà plus bas.
Plus haut, Kiwi peignit trois fleurs roses autour d’un petit creux rempli d’eau de pluie.
Milo arriva au bord et découvrit un escargot dans l’eau.
Il dressa ses antennes. L’autre aussi.
Il pencha la tête. L’autre aussi.
« Celui-là prend son temps exactement comme moi ! »
Kiwi se pencha à son tour. Un bec apparut près du reflet de Milo.
« Et il voyage avec un drôle d’oiseau. »
Ils restèrent un moment devant ce lac assez petit pour tenir dans une cuillère.
Puis un nuage cacha le soleil. Le vent fraîchit. Milo rentra un peu la tête.
« Je crois que j’ai besoin d’une longue pause. »
Kiwi rangea son pinceau.
« Alors, faisons une longue pause. »
Il installa une grande feuille contre une bosse du rocher. Milo se glissa dessous, à l’abri du vent, et Kiwi s’accroupit tout près. Kiwi raconta l’histoire du merle qui avait pris son pinceau pour une brindille. Milo raconta celle d’une laitue si grande qu’il avait dormi dessous trois nuits.
Quand le soleil revint, Milo sortit ses antennes.
« Tu peux peindre la fleur suivante. Je suis prêt. »
La dernière fleur était bleue. Kiwi la peignit tout près du sommet, puis attendit.
Milo avançait. Il s’arrêtait. Il avançait encore.
Enfin, ses antennes dépassèrent le bord.
« Oh… »
Le bassin brillait entre les iris. Le potager dessinait des carrés verts. Au-delà de la haie, le champ ondulait comme une couverture que le vent secouait doucement.
Kiwi vint s’asseoir près de lui.
« Tu le vois, le champ ?
— Oui. Mais regarde là-bas. »
Milo montrait le bas du rocher.
De là-haut, les fleurs peintes formaient une guirlande. Il y avait la petite forêt, le pont de brindille, le lac aux reflets et leur abri de feuille.
« Je ne savais pas que nous avions vu tant de choses », murmura-t-il.
Kiwi sourit.
Ils restèrent au sommet pendant que le soleil tiédissait la pierre. Milo choisit un coin de mousse pour se reposer.
« Demain, dit-il, j’aimerais revenir.
— Pour regarder le paysage ?
— Oui. Et pour savoir si notre forêt a grandi. »
Kiwi posa son béret près de ses pinceaux.
Cette fois, ils n’étaient vraiment pas pressés de redescendre.
D’autres histoires à lire

Facile · Écran
Au séchoir des quatre saisons
Avec quelques chiffons peints et un souffle d’imagination, Kiwi et Plic font danser toute une année dans ce conte pour les petits.

Facile · Écran
Chante, feuille, chante
Quand une feuille dorée s’envole au-dessus du jardin, Kiwi et Plume la suivent dans une joyeuse ronde d’automne.

Facile · Écran
Chante, petit pinceau
Ce matin, Kiwi peint le monde en musique, avec Zia la coccinelle à ses côtés.