3-6 ans
Le grand portrait de Pim
Kiwi veut peindre son ami Pim, mais le petit souriceau se cache dans chaque nouveau décor.
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Un matin de printemps, Kiwi installa son chevalet au milieu du verger. Son petit corps rond et duveteux dépassait à peine de sa blouse tachée de bleu, de jaune et de vert. Son béret rouge penchait sur le côté. « Pim, viens poser pour mon grand portrait ! » appela-t-il. Pim arriva en courant, les grandes oreilles rondes frémissantes. Il regarda la toile, puis le verger, et sourit. « Je peux choisir ma place ? » « Bien sûr ! Ensuite, essaie de rester un petit moment sans bouger. » Pim se glissa derrière un poirier et se camoufla parmi les branches basses couvertes de fleurs blanches. Kiwi plissa les yeux. « Où est Pim ? Cherche d’abord ses oreilles rondes ! Et, dans l’image, trouve aussi la poire à rayures, les trois pommes vertes et les deux champignons jaunes. » Une oreille dépassait près du tronc. Puis elle disparut. Kiwi fit un pas, Pim fila derrière une caisse. Le pinceau de Kiwi resta suspendu dans l’air. « Ce portrait va commencer par une partie de cache-cache », soupira-t-il en riant.
Les semaines passèrent et l’été remplit le jardin de lumière. Le portrait attendait toujours ! Pour une nouvelle séance, Kiwi installa son chevalet dans l’herbe, bien à l’écart de l’étang. Au loin, des roseaux dansaient, des nénuphars flottaient et une libellule bleue tournait au-dessus de l’eau. Pim était-il dans l’herbe ? Non. Sous le banc ? Non plus. Kiwi posa sa palette et chuchota : « Pim, je sais que tu es là. Montre-moi seulement tes oreilles ! » Deux ronds gris apparurent derrière un panier posé sur le côté. Kiwi approcha doucement. Hop ! Pim se glissa à l’intérieur. « Tu es rapide comme une libellule ! » « Et toi, tu es lent comme une peinture qui sèche », répondit Pim. Kiwi leva son pinceau. « Pour cette image, cherche la feuille à pois ! Puis compte les quatre nénuphars roses et les trois galets bleus. » Pim sortit la tête du panier, juste assez longtemps pour qu’une petite feuille se pose sur son nez. Elle lui chatouilla les moustaches. Il éternua, et Kiwi éclata de rire. Le portrait avançait, mais pas sur la toile.
À l’automne, Kiwi transporta son chevalet dans le potager. Le vent faisait tournoyer les feuilles rouges et dorées. Pim se cacha derrière un épouvantail, puis dans un panier de carottes, puis sous une grande feuille de courge. « Cette fois, je vais te peindre sans bouger », annonça Kiwi. « Alors ne me regarde pas ! » répondit Pim. Kiwi fixa la toile très sérieusement. Pim traversa le décor sur la pointe des pattes. Une oreille ronde dépassa d’un chou. Kiwi tourna la tête. Plus rien. Une autre oreille apparut dans le panier. Kiwi tourna la tête. Plus rien encore. « Où est Pim ? Cherche ses oreilles rondes, puis trouve la carotte violette, les quatre feuilles rouges et les deux petites bottes jaunes. » Pim voulut se cacher derrière une grosse courge, mais sa queue dépassait. Kiwi la vit et peignit très vite un petit trait gris sur la toile. « Hé ! Ce n’est pas mon portrait, c’est ma queue ! » protesta Pim. « C’est un début très artistique », dit Kiwi. Alors Pim s’assit enfin, une seconde entière, sur une botte de paille.
Enfin, l’hiver arriva avec un jardin tout blanc. Les branches portaient des glaçons brillants et le chemin disparaissait sous la neige. Bien emmitouflés dans leurs écharpes, Kiwi et Pim sortirent pour une dernière séance. Kiwi posa son chevalet près d’un bonhomme de neige. « Pim, cette fois, promis, je peins vite ! » Un petit museau apparut à côté d’un buisson enneigé. Puis il disparut. Deux oreilles rondes surgirent derrière le bonhomme de neige. Puis elles changèrent de place. Kiwi suivit les traces, mais le vent souffla et les effaça. « Où est Pim ? Cherche ses oreilles, et regarde bien : il y a aussi le bonhomme de neige à moustaches, les trois glaçons violets et les deux patins rouges. » Un rire minuscule tintinnabula près du sapin. Kiwi se retourna. Pim était assis à l’abri dans une grande tasse couchée sur le côté, son écharpe remontée jusqu’au menton. Il ne bougeait plus du tout. Kiwi peignit ses oreilles, ses yeux brillants et son sourire malicieux. Sur la toile, il ajouta le verger, l’étang, le potager et le jardin blanc. « Voilà mon grand portrait », dit-il. Pim regarda la peinture. Il y avait même une petite queue qui dépassait derrière chaque décor. « On dirait que je suis partout ! » « C’est exactement ça », répondit Kiwi.
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