6-9 ans
Les douze pommes de pin de Kiwi
Kiwi et Pipo partent chercher douze pommes de pin, mais le vent transforme leur promenade en drôle de jeu de comptage.
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Dans la forêt, l’automne avait posé des feuilles rousses sur le sentier. Kiwi avançait d’un pas sautillant. C’était un petit kiwi rond et duveteux, avec un béret rouge et une blouse tachée de bleu, de jaune et de vert. Sous son aile, il tenait une grande palette ronde, encore toute blanche.
Pipo l’écureuil courait devant lui, la queue en panache.
« Il nous faut douze pommes de pin pour fabriquer une palette solide, annonça Kiwi. Tu m’aides à les trouver ? »
« Avec plaisir ! » répondit Pipo.
Près d’une grande fougère, quelque chose dépassait des feuilles. Kiwi écarta doucement les frondes.
« Une pomme de pin ! »
Pipo la fit rouler jusqu’au panier.
Un peu plus loin, le vent souffla : ffffouuu ! Deux feuilles tournoyèrent autour de leurs têtes.
« Une, deux ! » compta Pipo.
Kiwi les regarda danser.
« Le vent aime aussi compter. »
Derrière un tronc couvert de mousse, ils découvrirent une petite cachette. Une pomme de pin y dormait, et juste à côté, deux noisettes brillantes.
« Une pomme pour notre palette, puis une, deux noisettes pour le goûter de Pipo », dit Kiwi.
Mais une bourrasque passa entre les arbres. La pomme de pin sortit du panier et roula sur le chemin.
« Vite, suis-la ! » cria Pipo.
Elle disparut sous un tapis de feuilles.
Kiwi et Pipo soulevèrent les feuilles une à une. Ils trouvèrent la pomme de pin près de trois petits cailloux gris.
« Une, deux, trois ! » compta Kiwi.
« Trois cailloux pour garder la porte de la cachette », imagina Pipo.
La pomme rejoignit le panier. Il y en avait maintenant deux.
Au pied d’un bouleau, quatre champignons rouges formaient un cercle. Pipo s’arrêta net, émerveillé.
« Une, deux, trois, quatre ! »
Kiwi prit son pinceau.
« Je pourrais peindre quatre petits chapeaux sur ma palette. »
Le vent recommença à souffler. Les deux pommes de pin du panier roulèrent dans des directions différentes.
« Oh là là ! »
L’une s’arrêta dans une souche creuse. Une autre se coinça entre deux racines. La dernière descendit jusqu’à un tapis de mousse.
Dans la souche, Kiwi retrouva sa pomme avec une nouvelle pomme de pin, cachée là par un écureuil prévoyant. Pipo leva les pattes.
« Celle-là n’est pas à moi. Je ne cache pas si loin de mon arbre ! »
Ils la déposèrent dans le panier. Voilà trois pommes.
Entre les racines, ils trouvèrent aussi une plume douce et cinq petites traces de pattes dans la terre.
« Une plume, puis une, deux, trois, quatre, cinq traces », dit Kiwi.
Pipo suivit les traces du bout de la queue. Elles menaient au tapis de mousse, où les attendait la troisième pomme.
Le panier avançait, mais le vent aussi.
Près du tapis de mousse, le vent fit tomber six feuilles jaunes en pluie.
« Une, deux, trois, quatre, cinq, six ! » comptèrent-ils ensemble.
Sous les feuilles, deux pommes de pin attendaient, bien serrées l’une contre l’autre. Kiwi les ramassa avec précaution.
« Cela fait six pommes dans le panier », dit-il.
« Et nous devons encore en trouver six », ajouta Pipo.
Ils repartirent. Une branche basse portait sept petites gouttes de pluie. Elles brillaient comme des perles.
« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept », murmura Kiwi.
Pipo voulut les toucher, mais la branche rebondit. Une goutte lui tomba sur le nez.
« Ploc ! »
Tous deux éclatèrent de rire.
Alors le vent poussa le panier derrière un buisson bas. Dans l’ombre verte, ils trouvèrent une pomme de pin et trois glands.
« Une pomme pour nous, une, deux, trois graines pour les oiseaux », dit Kiwi.
Le panier contenait maintenant sept pommes.
Soudain, une rafale emporta les glands, les feuilles et même le béret rouge de Kiwi.
« Mon béret ! »
Pipo bondit et le rattrapa juste avant qu’il ne tombe dans le ruisseau.
Au bord du ruisseau, huit galets ronds formaient un joli chemin.
« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit ! » compta Pipo en sautillant.
Au bout du chemin, deux pommes de pin reposaient sous une branche. Kiwi les ajouta au panier.
Il y en avait neuf.
Le vent souffla encore, plus doucement cette fois. Il fit glisser le panier jusqu’à un vieux tronc creux.
À l’intérieur, Kiwi et Pipo découvrirent une pomme de pin. Puis une seconde, cachée derrière une écorce.
« Une, deux ! » compta Kiwi.
Le panier contenait maintenant onze pommes.
« Il en manque une seule », dit Pipo.
Ils cherchèrent sous les feuilles, derrière les cailloux, entre les racines. Rien.
Puis Kiwi leva les yeux. Tout en haut d’une petite colline, dix graines d’érable tournaient dans l’air comme de minuscules hélicoptères.
« Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! » comptèrent-ils.
Une graine se posa sur le béret rouge de Kiwi. Une autre tomba juste à côté d’une grosse pomme de pin dorée.
« La douzième ! » s’écria Pipo.
Ils la rapportèrent au panier. Douze pommes de pin, bien rondes, bien solides.
Kiwi posa sa grande palette blanche sur une souche plate. Avec de la sève, de petites brindilles et beaucoup d’imagination, il fixa les pommes de pin tout autour du bord. La palette devint grande et ronde, comme un soleil brun.
Pipo observa les douze bosses qui faisaient le tour.
« Une, deux, trois… »
« Douze », termina Kiwi en souriant.
Le vent souleva quelques feuilles et les fit tourner autour d’eux. Kiwi trempa son pinceau dans le bleu, puis dans le jaune.
« Quel sera le premier tableau ? » demanda Pipo.
Kiwi regarda la forêt, les gouttes, les champignons et les graines d’érable.
« Un tableau où tout compte autrement. »
Et sur sa nouvelle palette, il mélangea les couleurs de la saison.
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