3-6 ans
Les neuf cailloux chantants
Un conte pour les petits où Kiwi, avec son pinceau, découvre neuf petits cailloux capables de transformer le bord de l’eau en chanson.
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## 1. Un caillou dans la mousse
Au bord de la rivière, Kiwi avançait à petits bonds. C’était un petit kiwi rond et duveteux. Son béret rouge penchait sur son œil gauche, et sa blouse était tachée de bleu, de jaune et de vert. Sous son aile, il tenait son pinceau préféré.
Kiwi cherchait une couleur pour peindre les roseaux. Ils étaient encore immobiles, tout pâles dans la lumière du matin.
Soudain, son pinceau toucha quelque chose.
Ting !
Kiwi écarta la mousse. Il trouva **1 caillou**. Il était petit, lisse et gris perle.
Le caillou remua doucement.
« Je m’appelle Roulis, chuchota-t-il. Touche-moi encore. »
Kiwi posa la pointe de son pinceau sur Roulis.
Ting ! Une note claire monta dans l’air.
« Quelle jolie voix ! » dit Kiwi.
Un plouf répondit derrière lui. Zéphyr le crapaud sortit de l’eau. Il portait une minuscule sacoche pleine de graines et de brindilles.
« J’ai entendu cette musique, dit-il. Tu veux chercher d’autres cailloux avec moi ? »
Kiwi hocha la tête.
Ils firent trois pas, puis six, puis neuf. Près d’une racine, ils aperçurent **2 cailloux**. Le premier était rond. Le second était plat.
Kiwi les toucha avec son pinceau.
Ting ! Tong !
« Deux nouvelles notes, murmura Zéphyr. La rivière commence à chanter. »
## 2. Trois, quatre, cinq et six
Le soleil monta entre les branches. Kiwi et Zéphyr suivirent le bord de l’eau. Roulis roulait devant eux en faisant de petites traces dans la boue.
Sous un saule, ils découvrirent le **4e caillou**. Il avait une rayure blanche.
Un peu plus loin, près d’une racine, ils trouvèrent le **5e caillou**. Il brillait comme une goutte.
Enfin, dans l’herbe douce, ils aperçurent le **6e caillou**, brun, avec un minuscule trou au milieu.
Kiwi les aligna et les effleura.
Ting ! Tong ! Tin !
Trois nouvelles notes dansèrent au-dessus de l’eau.
« Elles ne se ressemblent pas, dit Kiwi, mais elles aiment être ensemble. »
Plus loin, six roseaux frémirent sans vent. À leurs pieds, les six cailloux chantaient doucement : Pling, ploc, plang, ploum, pim, pam.
Zéphyr leva ses longues pattes.
« J’entends une chanson qui cherche son chemin ! »
Kiwi posa les cailloux sur une grande feuille et les compta bien :
« Un, deux, trois, quatre, cinq, six ! »
La mélodie grandit. Les roseaux penchèrent leurs fines tiges, comme s’ils écoutaient avec tout leur corps.
## 3. Sept et huit
L’après-midi apporta une brise légère. Elle fit voler une tache de peinture jaune sur le béret de Kiwi.
« Maintenant, tu as un soleil sur la tête », croassa Zéphyr.
Kiwi rit et rinça doucement son pinceau dans l’eau claire, près de la berge.
Au bord du ruisseau, il aperçut le **7e caillou**. Il était rond et doux comme un galet.
Un peu plus loin, dans une flaque entourée de joncs, Zéphyr trouva le **8e caillou**.
« Celui-ci chatouille ! » protesta-t-il en le poussant du bout de la patte.
Kiwi les aligna avec les six premiers. Le pinceau fit : Plim, plam.
Cette fois, les roseaux se balancèrent de droite à gauche.
Le ciel devint rose. Une odeur de terre mouillée monta des berges. Sous les racines d’un grand arbre, Kiwi rangea les huit cailloux sans se presser.
« Les petits d’abord, les grands ensuite », expliqua-t-il.
« Comme une famille qui se donne la main », ajouta Zéphyr.
Les huit pierres sonnèrent ensemble. La rivière sembla répondre avec un petit rire d’argent.
## 4. Neuf cailloux et dix roseaux
La lumière devenait douce. Kiwi aperçut alors une lueur sous un bouquet de fougères.
Il écarta les feuilles. Là se trouvait le **9e caillou**. Il était le plus grand, rond comme une lune, et portait une jolie ligne rouge.
« C’est ma place », dit Roulis. « Range-nous du plus petit au plus grand. »
Kiwi installa les neuf cailloux sur le bord plat d’une pierre. Il les observa longtemps. Puis il les compta à voix haute : **1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9**.
Il posa son pinceau sur le plus petit.
Ting.
Puis sur le suivant.
Tong.
Un à un, les neuf cailloux chantèrent. La mélodie avançait comme un ruisseau, montait comme un oiseau, puis redescendait en douceur.
Zéphyr ferma les yeux. Il battit la mesure avec ses pattes.
« Encore une fois, Kiwi. Tous ensemble. »
Kiwi recommença, du plus petit au plus grand. Les neuf notes s’enroulèrent autour des roseaux.
Alors **10 roseaux** se mirent à danser. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix ! Ils ondulaient sans se cogner, avec leurs feuilles fines et leurs tiges souples.
Zéphyr tournoya dans la boue. Kiwi dansa aussi, son béret rouge sautant sur sa tête. Même Roulis fit un petit bond.
Quand la chanson s’acheva, les roseaux restèrent penchés vers les amis.
« Demain, demanda Zéphyr, tu peindras quelle musique ? »
Kiwi regarda son pinceau, puis la rivière brillante.
« Une musique verte, répondit-il. Celle du printemps qui arrive. »
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