Où se cache le vent ?
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Partie 1
Ce matin-là, Kiwi posa son pinceau et regarda sa grande peinture. C’était un paysage plein de douceur : une prairie verte, un chemin bleu, des collines rondes et un ciel couleur de lait.
Kiwi était un petit kiwi tout rond et duveteux. Son béret rouge penchait sur son œil gauche. Sa blouse blanche était tachée de jaune, de vert et de violet.
Soudain, les herbes de la prairie frissonnèrent.
« Tiens, se dit Kiwi. Qui les chatouille ? Où se cache le vent ? »
Il prit son petit sac de peintre et marcha dans l’image. À chaque pas, son pinceau rebondissait contre sa hanche.
Au bord du chemin, les herbes bougeaient encore. Elles se penchaient toutes du même côté, puis se redressaient en riant tout bas.
« Je vais suivre leurs mouvements », décida Kiwi.
Avant de partir, regarde bien la prairie. Peux-tu trouver trois marguerites blanches, deux boutons bleus et un petit escargot jaune cachés dans le décor ?
Kiwi suivit les herbes jusqu’à une vieille souche. Rien dessous. Rien derrière. Le vent n’était pas là.
Mais sur la souche, une minuscule feuille tournoya, monta dans l’air et vint se poser sur son béret.
« Ah ! Le vent est passé par ici », murmura Kiwi. « Il a fait danser les herbes et voler la feuille. »
Il continua son chemin, le nez en l’air.
Partie 2
Le chemin montait vers une colline. Là-haut, quelque chose claquait dans le ciel.
« Frou-frou ! Tire encore ! » cria une voix joyeuse.
Kiwi leva la tête. Un grand cerf-volant en losange tournait au-dessus d’un pommier. Il avait une queue faite de petits rubans orange et turquoise.
« Bonjour ! Je m’appelle Mistral », dit le cerf-volant. « Je voudrais monter très haut, mais je n’ai plus assez de souffle. »
Kiwi attrapa sa ficelle et courut. Le cerf-volant grimpa aussitôt, passa devant un nuage, puis redescendit doucement.
« Ce n’est pas moi qui te porte, dit Kiwi. C’est le vent. Mais je ne le vois pas. »
« Moi non plus, répondit Mistral. Je sens seulement ses chatouilles sur ma ficelle. »
Un souffle traversa le verger. Les branches se balancèrent. Trois pommes tombèrent dans l’herbe avec un petit ploc, ploc, ploc.
« Le vent était ici aussi ! » s’écria Kiwi.
Mistral se posa près de lui.
« Cherche encore, peintre Kiwi. Il aime laisser des signes. »
Dans cette image, peux-tu trouver quatre pommes rouges en tout, deux pinceaux oubliés et une chaussette rayée cachés sous les arbres ?
Kiwi peignit un petit tourbillon bleu dans son carnet. Puis il reprit la route. Mistral resta dans le ciel, dansant avec un souffle invisible.
Partie 3
Le sentier descendit vers un ruisseau. L’eau brillait entre les pierres. Autour, les feuilles avaient pris des teintes de cuivre, de miel et de rouille.
Kiwi s’assit un instant pour écouter.
Il entendit le glou-glou de l’eau, le cui-cui d’un oiseau et un léger frrr-frrr.
« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il.
Trois plumes blanches surgirent derrière un buisson. Elles tournoyèrent au-dessus du ruisseau, firent un cercle et vinrent se poser devant Kiwi.
« Voilà trois indices ! » dit-il.
Il les observa avec attention. Une plume était douce comme un nuage. Une autre brillait comme une perle. La troisième tremblait encore.
« Le vent vous a poussées jusqu’ici ? »
Les plumes frémirent toutes ensemble.
Alors Kiwi regarda les roseaux. Ils s’inclinaient, se relevaient, puis s’inclinaient de nouveau. Le vent passait entre leurs tiges en sifflant une chanson minuscule.
« Tu n’es pas caché dans les plumes, souffla Kiwi. Tu les as simplement emportées. »
Il glissa les trois plumes dans son carnet, entre deux pages peintes.
À ton tour de chercher dans cette scène : trois glands bruns, deux pierres blanches et une coccinelle rouge se dissimulent près du ruisseau.
Le ciel devenait rose. Kiwi avait encore une dernière idée. Il suivit le son d’un petit cliquetis.
Partie 4
Le cliquetis venait d’une petite maison peinte. Sur le toit tournait une minuscule girouette.
« Bonsoir, Kiwi », dit-elle. « Je m’appelle Gigi. »
Gigi avait la forme d’un petit oiseau de cuivre. Sa flèche indiquait tantôt la colline, tantôt le ruisseau, tantôt la prairie.
« Gigi, est-ce que tu sais où se cache le vent ? »
« Je ne le sais pas, répondit la girouette. Mais je sais quand il arrive. Il me fait tourner. »
Kiwi regarda toute sa peinture. Les herbes frissonnaient au loin. Mistral dansait dans le ciel. Les trois plumes reposaient dans son carnet. Même les nuages semblaient glisser doucement.
Alors il comprit.
« Le vent ne se cache pas vraiment, dit-il. Il passe partout. Dans la prairie, il chatouille les herbes. Sur la colline, il soulève Mistral. Près du ruisseau, il emporte les plumes. Et ici, il fait tourner Gigi. »
Gigi fit un petit tour complet.
« Tu l’as trouvé ? »
Kiwi sourit.
« Je l’ai trouvé sans le voir. »
Dans le dernier décor, cherche deux feuilles orange, trois petites étoiles et un minuscule dé à coudre près de la maison.
Puis Kiwi reprit ses pinceaux. Il peignit une grande spirale transparente qui traversait toute la toile, de la prairie jusqu’au toit.
Personne ne pouvait la voir. Pourtant, chacun pouvait sentir son passage.
Et dans la peinture, tout se mit doucement à danser.
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